Tous les changements, même les plus souhaités, ont leur mélancolie - Anatole France

20150130_105735Le coloriage pour adultes fleurit dans nos rayons de supermarchés, librairies ou magasins « culturels » depuis 2012 sous la forme de cahier en tout genre.

Antistress, méthode de développement personnel ou simple retour à un hobby d’enfance, difficile d’échapper à tous ces kits qui caracolent en tête des ventes puisque plébiscités par le plus grand nombre pour de nombreux bienfaits.

Phénomène de mode ou de marketing bien rodé, j’avoue que j’y ai moi-même succombé, d’autant plus que les cahiers sont tous plus séduisants les uns que les autres.

Pourquoi un tel engouement pour une activité populaire vieille comme le monde ?

Si nous nous référons, par exemple, aux mandalas, cet art sacré, utilisé notamment dans le bouddhisme et l’hindouisme, n’a pas attendu les Occidentaux pour mettre en exergue des bienfaits.

Du terme sanskrit signifiant « cercle », ces œuvres d’art invitent à une expérience méditative pour éviter la dispersion de l’esprit par la contemplation et la concentration.

Nous devons leur introduction en occident, à la fin des années 20, au célèbre psychanalyste Carl Jung.

Activité universelle accessible à tous, le coloriage permet de prendre du temps pour soi, de se poser, de se calmer, de réveiller notre côté créatif grâce à un côté ludique, de renouer avec son âme d’enfant.

Aujourd’hui, les thérapies, qu’elles soient comportementalistes, jungiennes, humanistes ou psychanalytiques n’hésitent pas à s’en servir dans leur protocole de soin.

En France, ce mouvement a même donné naissance à la création de la Fédération Française des Arts thérapeutes en 1988. Collectif de professionnels, elle souhaite inscrire l’art thérapie dans le monde de l’accompagnement et du soin et tente de légitimer une pratique qui, pour l’instant, n’est pas encadrée par les autorités.

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Recentrage personnel, madeleine de Proust pour nous reconnecter avec notre enfant intérieur, connexion à la sérénité dans la tourmente de notre monde moderne ultra connecté, retour au moment présent et à notre moi profond, on ne cesse de vanter désormais les bénéfices multiples du coloriage.

Mais si certains livres estampillent leur couverture avec la dénomination « art thérapie », restons prudents par rapport aux dérives marketing. La thérapie est une démarche qui ne s’effectue pas seule et qui nécessite l’accompagnement d’un professionnel. Attention à ne pas tout confondre et à ne pas tomber dans des amalgames qui n’ont pas lieu d’être ! 

Personnellement, le coloriage me permet de vider ma petite tête de toutes mes pensées pour me laisser aller simplement au mouvement des feutres qui glissent sur le dessin, de me concentrer sur le choix des couleurs ici et maintenant au lieu de me laisser happer par les interférences incessantes qui passent dans mon cerveau. Cette activité me détend et me permet de me maintenir en pleine conscience, comme lorsque je pratique le Qi gong. Les pensées viennent, mais ne m’envahissent pas. Ma respiration se calme entrainant un effet relaxant, pour me permettre de lâcher prise en flirtant avec un petit côté régressif non déplaisant !

Et vous ? Pratiquez-vous aussi le coloriage pour vous détendre ?

N’hésitez pas à nous faire part de votre avis, il est précieux !

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