ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément - Albert Einstein

Technique manuelle traditionnelle d’origine japonaise, inspirée du massage chinois, le shiatsu permet de rétablir une bonne circulation de l’énergie vitale, le Qi, dans notre corps.

A l’aide de pressions effectuées avec les pouces, les doigts et parfois la paume des mains sur certains points de notre corps, le praticien va soulager certains maux quotidiens SHIATSU

et améliorer le bien-être  des personnes. Les étirements et les pressions exercées libèrent des tensions emmagasinées, témoins de déséquilibres dans les flux énergétiques.

Tout comme la médecine chinoise traditionnelle, cette discipline se base sur le principe que notre corps est parcouru de flux d’énergie portés par les méridiens et que la bonne circulation de l’énergie reste la garante de notre santé.

Reconnu médecine officielle au Japon, le shiatsu s’impose comme une véritable « pratique de santé » en considérant l’individu dans sa globalité (corps & esprit). Il nous aide à gérer et éliminer des tensions d’ordre physiologique, celles-ci n’étant en fait, bien souvent, que les manifestations visibles d’autres déséquilibres intérieurs.

Pour en parler avec nous aujourd’hui, j’accueille Gaëlle Grimplet, praticienne en shiatsu depuis 7 ans.

En général, nous n’arrivons pas dans ce genre de profession par hasard … ?

Effectivement, ma rencontre avec le shiatsu résulte d’une corrélation de plusieurs événements dans mon existence.

J’ai toujours été sportive ce qui m’a permis de créer une bonne connexion avec mon corps. J’ai notamment pratiqué le karaté, discipline où l’on apprend à gérer sa peur, son équilibre, mais également à cibler des points précis appelés points vitaux. Je me suis rendu compte assez rapidement, qu’en fait, je ressentais plutôt l’envie de me servir de cette connaissance pour faire du bien, pour réparer, soulager. Or, aussi bizarre que cela puisse paraître, les points énergétiques utilisés dans le karaté sont les mêmes que pour le shiatsu, sauf que ce qui change tout, se situe au niveau de l’intention que nous y mettons. Nous pouvons établir le parallèle avec la médecine des plantes qui peut guérir ou empoisonner. Tout se situe dans la question du dosage et de l’intention.

20150805_140317L’autre déclencheur a été le décès de mon père qui a contracté un cancer. Je l’ai vu s’éteindre. A partir de là, je me suis dit qu’il existait forcément une autre médecine, plus vitaliste, et qu’en fait, si l’être humain est configuré pour la santé, nous avons à comprendre pourquoi le corps se met à dysfonctionner à un moment donné.

Enfin, je ne me sentais plus du tout en accord avec mon job de l’époque. Il ne me satisfaisait pas et je sentais que je perdais vraiment mon temps.

Suite à quoi, j’ai découvert le shiatsu par un premier stage, un week-end par mois où l’on apprenait les méridiens et les katas ?

Puis, je suis passée par le parcours officiel de la Fédération Française de Shiatsu. En parallèle, j’ai également suivi une formation de kinésiologie dans une école affiliée à l’ASTM.

Pouvez-vous nous expliquer votre perception du shiatsu ?

Pour moi, le shiatsu se révèle comme un moyen de rentrer en intimité avec soi-même. En prenant conscience par le toucher du praticien, des endroits douloureux dans son corps, de ses tensions plus ou moins inscrites dans la « densité » de son être (muscle, méridien, émotion, …).

La première source de pathologie de la maladie, c’est de s’éloigner de soi-même. Nous vivons dans une société qui ne met malheureusement pas assez le focus sur l’écoute de soi, de ses besoins profonds, sur le chemin intérieur. De ce fait, beaucoup de personnes traversent leur vie en « pilote automatique », sans se placer dans un état de conscience vis-à-vis d’eux-mêmes. Or, nous sommes les seuls acteurs de notre vie, et par conséquent de notre santé.

Comment se déroule une séance ?

Dans ma pratique, je commence par écouter la personne pour pouvoir cerner avec elle ce sur quoi elle souhaite travailler pendant la séance. La personne s’allonge ensuite sur un tatami pour que je puisse regarder quels méridiens sont en vide d’énergie ou peu investis par l’énergie vitale.

piece cabinet

Chacun de nos organes est connecté à un méridien, lui-même en lien avec des thèmes de vie et avec un panel d’émotions. Par exemple, le poumon se trouve en relation avec une sensation d’injustice, ou d’abandon, au chagrin, au deuil. Si le méridien est en vide ou en plein d’énergie, cela signifie que la personne peut traverser ce genre d’émotions. Ces dernières iront impacter ce méridien-là précisément en provoquant un dérèglement, soit en vide soit en plein, mais en tout cas il ne sera plus en harmonie. Tout le travail du praticien et du receveur est de libérer cette émotion de façon consciente verbalisée ou non pour rétablir l’équilibre.

Une fois libéré le méridien poumon donnera à la personne une sensation de légèreté, comme celle d’avoir déposé un sac à dos trop lourd.

Chaque méridien, quand il demeure en équilibre, inspire à la personne ses qualités intrinsèques, sa « teinte ». Le méridien poumon, pour garder celui-là en exemple, procure à chaque être une bonne conscience corporelle, la personne « habite » bien son corps ; elle se place bien dans l’espace. Ce méridien en lien aussi avec la sagesse, la bonté, la lucidité, nous donne la capacité à exprimer ce que nous ressentons à l’intérieur de nous, et la possibilité de le formuler aux autres. Prenons une personne qui va développer une pleurésie, sa pathologie renvoie souvent au fait que la personne n’a pas pu exprimer un chagrin existentiel, qu’elle n’a pas réussi à énoncer, à libérer.

Ma pratique du shiatsu ne s’axe pas sur le bien-être, mais plutôt sur le mieux-être. Quand quelqu’un vient me voir pour un mal à l’épaule, je ne soigne pas que le mal d’épaule à proprement parler. Je décortique ce pour quoi la personne souffre en la recentrant sur elle.

Je demande à chaque fois à la personne de venir avec un souhait pour elle, dans sa vie. Un objectif pour elle, pas pour son mari, ses enfants, son patron, ou une tierce personne. Si elle n’y parvient pas facilement, je l’invite à s’interroger sur le moment où la douleur, les insomnies, la déprime, … ont fait irruption dans son quotidien ? Est-ce qu’elle peut identifier un instant dans son existence où il s’est passé quelque chose de particulier, une date anniversaire de mariage, de décès, de divorce, … ? En général, une réponse affirmative arrive rapidement. Le travail peut ensuite démarrer.

20140927_165804Le corps possède une symbolique qui offre une porte sur notre inconscient. Il s’offre à nous comme un livre, nous permettant d‘accéder à différentes clefs pour comprendre ce qui se joue dans notre vie. Plus nous allons nous mettre à l’écoute de notre corps, plus ce dernier va nous parler, sans pour autant devenir hypocondriaque. Il s’agit d’un véritable cercle vertueux, car nous rentrons « en amitié » avec nous -même. En mettant en place cette réflexion dans notre quotidien, en nous demandant ce que cache ou reflète notre symptôme. Cela nous procure un outil formidable pour nous rendre autonome et acteur de notre vie. N’attendons pas de développer des pathologies graves pour nous poser des questions importantes : est-ce que j’aime ma vie telle quelle est actuellement ? Est-ce que je peux mettre des choses en place pour changer si je ne suis pas satisfait ? Est-ce que mon métier me plaît ? Est-ce que j’ai une passion, un hobby qui me réjouit me nourrit ? …

Après la séance, la personne repart avec une phrase clef qu’elle a formulée en conscience et sur laquelle elle pourra se concentrer, s’interroger. Cette phrase est en correspondance avec le thème qu’elle a travaillé pendant la séance, tout comme avec le méridien qui est sorti lors de cette dernière.

Pour vous, le shiatsu s’apparenterait plutôt à une philosophie de vie ou plutôt à un art du bien-être ?

Je considère cette discipline comme une approche holistique, où le praticien s‘occupe des méridiens dysharmonieux de la personne, mais surtout de la personne elle-même dans ce qu’elle traverse au moment où elle consulte. Je le propose comme un accompagnement pour redevenir acteur de sa vie et amener vers des prises de conscience, souvent génératrice de santé. Évidemment cette approche ne se veut pas la panacée. Je dis souvent aux personnes qui viennent pour une première séance qu’il n’y a pas de béquilles accrochées dans mon couloir et que pour les miracles, ce n’est pas ici que cela se passe. Cela déclenche le rire et on peut commencer à réellement travailler.

Le shiatsu peut-il aider lorsque quelqu’un traverse une crise de la quarantaine ?

La crise de la quarantaine survient souvent à un moment de sa vie où des questions existentielles émergent. Ces crises de vie nous permettent de prendre un grand virage à 180 degrés. En général, vers la quarantaine, nous avons comblé certaines attentes professionnelles et personnelles, mais une fois atteintes, des questions types émergent, telles que « Qu’est-ce que je vais faire à présent ? », « Suis-je à ma place ? », « Suis-je vraiment heureux ? », « Que vais-je laisser derrière moi ? », « Quel sens je donne à ma vie ? » etc

Plus qu’un symptôme, ces interrogations existentielles vont redonner un axe à notre existence et le shiatsu permet cet accompagnement. Quand une personne vient dans mon cabinet, qu’elle se sentmeridiens perdue, qu’elle ne sait même pas quelle question existentielle se poser, le ou les méridiens vont donner une teinte au questionnement.

Exemple : Si une personne bien portante me consulte et que son méridien vésicule biliaire dysfonctionne nous pourrons partir sur des questions d’orientation professionnelle, de changement d’activité puisqu’il s’agit d’un méridien dont la teinte majeure est le choix, la direction dans la vie

Le méridien aide à trouver l’axe, la direction dans laquelle se diriger pour trouver le point central, la question à se poser qui correspond au mal-être du moment, dans le but de le soulager. Par exemple, dans le cas d’une cystite, nous voyons assez vite que la pathologie se rapporte une histoire de territoire, de dominant/ dominé. En échangeant avec la personne sur cette notion, elle fait souvent d’elle-même le lien avec le fait qu’une collègue de travail l’envahit régulièrement, ou que son compagnon l’intimide dans certaines situations. Elle devient alors acteur de ce qu’elle vit. L’idée n’est pas de changer l’autre, mais de changer soit même. Mon travail est de renforcer le méridien en rapport et le travail de la personne est de changer sa posture face à la situation vécue. La séance suivante, nous rions souvent de ce que la personne a mis en place (les personnes sont vraiment pleines de créativité) pour parer à cette situation et cela se répercute évidemment sur le méridien, donc sur l’état de santé.

Avez-vous un ouvrage à nous conseiller sur le shiatsu ou sur cette  philosophie de vie ?

Shiatsu : théorie et pratique de Carola Beresford-Cooke et Thomas Myers

Les mouvements du Coeur de Claude Larre

Les 100 récits du traitement de Shizuto Masunaga

 

Commentaires

  • Bonjour Gaëlle
    C’est très bien expliqué pour des nouvelles personnes qui sont intéressés par cette façon de guérir certains maux (mots) et pour moi qui vient depuis quelques année cela nous fait comprendre plein de choses
    C’est un travail sur soi assez long mais qui vaut la peine d’essayer
    Merci encore pour tous ce que tu fais
    Muriel

  • Coucou Gaelle ça donne envie d’essayer ; à plus de 40 ans un petit rééquilibrage serait sans doute le bienvenu ; je suis néanmoins comme St Thomas car je ne connais pas cette méthode de ‘soin’ … à bientôt pour un rv ?

  • Bonjour Gaëlle,
    J’ai débuté ma formation en septembre dernier comme vous le savez et je m’éclate !
    Et vous savez aussi que c’est grâce à vous: mon 1er rendez-vous dans votre cabinet fût une vraie révélation!!! Vous êtes exceptionnelle !
    Vraiment merci pour ce que vous faites, et à bientôt pour un prochain rendez-vous.
    Bises.
    Josie.

Laisser un commentaire

Les champs marqués d'une * sont obligatoires.