Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu'à inventer - Gaston Berger

En avril 2015, Emmanuelle Roques a ouvert le Social Club de Bordeaux, un lieu de vie dédié à l’amélioration de la qualité de vie par l’entrainement à la mindfulness et les activités collaboratives. Le but de cette démarche : augmenter le bonheur national brut en œuvrant ensemble pour une cause commune.

L’idée de cet endroit se veut de rassembler, dans un même lieu, des activités collaboratives animées par des intervenants possédant chacun leur méthode, afin d’acquérir de nouvelles aptitudes pour améliorer sa vie.

Pour parler de cet endroit étonnant, j’accueille aujourd’hui Emmanuelle Roques.

Comment arrive-t-on à mettre en place un tel concept ?

Au départ, j’ai commencé par la pratique du yoga. Le professeur que je fréquentais proposait également des cours de méditation. Je me suis renseignée pour savoir comment cela marchait. J’ai lu beaucoup d’ouvrage sur la philosophie bouddhiste. J’ai notamment été intéressée par les études sur la plasticité cérébrale qui démontre que nous n’avons pas à subir nos gènes, notre caractère; ce qui est porteur de beaucoup d’espoir ! Cela signifie qu’en fournissant un effort, nous pouvons changer des choses en nous, par exemple, quelque chose qui nous pose problème comme de l’inquiétude, de l’anxiété, …

Avec l’évolution de l’imagerie cérébrale, nous arrivons à comprendre ce qui se passe quand je me laisse embarquer par la colère, ou au contraire, ce qui se produit quand j’accepte de m’accorder un temps de pause.

Les bouddhistes ont exploré comment alléger la souffrance de l’humain par ces pratiques de l’attention, de la bienveillance et aujourd’hui la science peut l’expliquer.

Je pratique la méditation et le yoga depuis 2004, et participe chaque année à des retraites, formations et séminaires en France ou à l’étranger. J’ai effectué le programme MBSR (mindfulness based stress reduction) en 2011 avec Stéphane Faure, qui est devenu ensuite mon associé.

La pleine conscience et la méditation possèdent une influence positive sur notre santé. Ces disciplines nous permettent de changer nos vieilles habitudes bien ancrées, de travailler sur la notion de la plasticité cérébrale et d’avoir un impact direct sur l’amélioration de la qualité de vie. 

NEPAL

 Qui trouve-ton au Social Club ?

Nous fédérons par exemple, des médecins qui commencent à apprendre les techniques de l’attention pour être plus a même d’être présent lors de leurs consultations avec leurs patients. L’idée est de rester ancré dans l’instant, même dans des situations difficiles et d’acquérir des réflexes qui nous permettent d’écouter réellement les autres.

Nous accueillons aussi des éducateurs qui souhaitent  apprendre la conscience du moment présent aux enfants, mais qui ne savent pas comment faire.

Nous souhaitons proposer de la médiation pour la santé, de la médiation pour l’éducation, de la méditation adaptée aux entreprises et bien entendu de la méditation pour les particuliers.

Que pratique-t-on au Social Club ?

imagesNP291DPMNous proposons divers ateliers (art thérapie, écriture, découverte de la MBSR, des séminaires chefs d’entreprise, etc) et d’autre part, nous organisons des activités collaboratives avec des soirées mensuelles, des ateliers d’échanges de savoirs, des rendez-vous sportifs, des MOOC (cours en ligne donnée par des universités avec des participants dans le monde entier). Toutes ces activités collaboratives souhaitent expliquer et prouver comment le fait de travailler sa capacité d’attention pourra changer des choses pour soi, pour ceux qui nous entourent, pour l’entreprise, pour le business, pour le travail d’équipe, etc

J’ai voulu créer plusieurs portes d’entrée pour que des personnes, avec des objectifs variés, puissent se retrouver au même endroit en travaillant ensemble.

Il s’agit de regrouper des gens avec une volonté de changement, de travail pour créer de la bienveillance et la mettre en action. Le Social Club offre la possibilité d’entrer dans une dynamique d’une communauté qui interagit. Il apporte du lien social. Les gens s’écoutent, se respectent, s’accueillent dans l’ouverture.

La compétition reste nocive pour celui qui la subit. C’est ensemble que nous allons réussir, en potentialisant le meilleur de chacun. De tout temps, la société a évolué par la collaboration, en apprenant ensemble. Le but est de faire comprendre et sentir aux gens, comment la pleine conscience et l’entraînement du mental contribuent à la capacité collaborative d’une équipe.

Par cet état d’esprit, nous désirons créer du lien pour amener des bienfaits dans nos esprits, et ce, dans une certaine ambiance, sans parler de religion, car le lieu reste clairement laïque.

La méditation, la pleine conscience peuvent-il nous aider à traverser des crises comme celles de la quarantaine ?

Sans aucun doute, j’en suis la preuve incarnée. Ces techniques aident à accepter ce qui ne marche pas comme nous le souhaiterions. La crise de la quarantaine émane souvent d’attentes qui ne sont pas obtenues et qui sont jugées.

Le travail de la pleine conscience propose aussi d’émettre moins de jugements sur nous, sur notre entourage, d’en sortir pour voir les solutions du changement sans aller dans des comportements réactifs, sous l’emprise des émotions, mais de se situer, au contraire, dans l’acceptation de ce qui est, pour impulser des changements positifs. La méditation nous invite à nous accueillir tel que nous sommes, là maintenant, au lieu de lutter; de se positionner dans une ouverture à soi, et partir de là, d’avancer en changeant les choses.

Une dépression surgit en général lorsque nous nous focalisons sur ce que nous ne désirons pas. Il semble difficile d’être en accord avec ce qui nous entoure, si nous ne sommes pas en cohérence avec nous-mêmes, nos besoins profonds. Cela génère un mal-être.

Nous représentons une génération qui s’est beaucoup forcée à répondre à des images que nos parents, notre famille, nos amis, … projetaient sur nous. De ce fait, la crise de milieu de vie s’avère d’autant plus forte pour notre génération, alors que celle à venir, ceux qui ont 20 ans savent déjà dire non à des choses qui ne leur correspondent pas. Ils ont intégré le fait qu’il s’avérait totalement illusoire de rester dans des situations qui ne nous correspondent pas.

Meditation

Votre définition du bonheur ?

Elle est très simple. Le bonheur correspond à l’idée de ne pas avoir de heurts, de douleurs. Le bonheur est là, tout le temps, quand je respire, quand il y a du soleil, … C’est juste être là et vivre au moment présent.

L’efficacité ne se situe pas dans la rapidité. Pratiquons plutôt une forme de rééducation pour respecter notre rythme, pour sortir des jugements du style « Je n’ai pas assez d’argent, je ne suis pas assez rapide, je suis trop comme ci, pas assez comme cela,… » . Même lorsque nous traversons des choses négatives dans notre parcours, apprenons à les accueillir. Nous possédons tous des peurs de mourir, de manquer d’argent, de ne pas réussir, etc, mais tout cela ce n’est que ce qui se passe dans ma tête, ce que me dicte mon mental.

Se focaliser dans l’instant, respirer, sentir son corps, ramener l’attention sur ce qui va, tout le temps, c’est une 20150718_194106rééducation. Cessons de nous concentrer sur tous les dangers potentiels extérieurs et revenons à ce qui va. La respiration nourrit nos cellules, avec elle, nous nous rééduquons à la vie.

Plus nous exerçons notre cerveau à de nouveaux réflexes bienveillants, plus nous modelons. Ainsi, nous ne serons plus sous le joug de nos pensées négatives et de nos distractions qui nous empêchent de vivre l’instant présent pleinement.

 

Comment pouvons-nous transmettre cet enseignement à nos enfants ?

Emmanuelle Charenton, formatrice MBSR, qui bénéficie de plus de 10 ans d’expérience dans le milieu éducatif, et notamment en milieu scolaire, au contact des adolescents, lance un programme adapté pour les enfants, le mercredi après midi (une heure par semaine sur sept semaines).

Il débutera d’abord par un atelier découverte parents enfants, le samedi 16 janvier à 18H dans nos locaux, pour présenter sa méthode et cette nouvelle possibilité d’être qu’elle procure.

Ensuite, ceux et celles qui le souhaitent pourront s’inscrire au programme, mais il faut savoir qu’il requiert un engagement des parents puisqu’ils devront réaliser des exercices courts et simples, avec leurs enfants, tous les jours. C’est parce que le parent montre qu’il pratique, que l’enfant comprend et adhère. Sinon, cela ne fonctionnera pas.

Avez-vous un ou des ouvrages à nous conseiller ?

Pour débuter la pratique, le livre de Christophe André « Méditer jour après jour ». Pour la poursuivre, le livre « Où tu vas, tu es : apprendre à méditer en tous lieux et en toutes circonstances » de Jon Kabatzinn, médecin. Pour les enfants « Calme et attentif comme une grenouille » de Eline Snel &Marc Boutavant et pour les ado, « Respirez » de Eline Snel.

 

 

Commentaires

  • Bonjour Nathalie,
    Merci pour ce nouvel article plutôt enthousiasmant tout ça.
    Quel plaisir en tout cas de vous lire à nouveau.
    Avec tous mes voeux pour que vous soyez la merveilleuse alchimiste de tout ce que vous apportera cette nouvelle année !
    Bien chaleureusement,
    Danièle
    Thérapeute de la Relation
    Initiation à la thérapie sensitive

    • Bonjour Danièle,
      merci pour ce commentaire encourageant.
      Avec un tel enthousiasme, je sais ce qu’il me reste à faire ! 🙂
      Très belle année à vous aussi et au plaisir de vous recroiser, peut-être au cours d’un stage ?
      A bientôt
      Nathalie

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