J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé - Voltaire
 
       Eric Combret est membre de l’association de formation psychanalytique et de recherches freudiennes. Il est également  formateur aux techniques du relationnel
et de la communication, ainsi que  praticien en programmation-neuro- linguistique- diplômé IFPNL
 
Que se cache-t-il exactement derrière la fameuse crise de la quarantaine ?

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C’est un avis d’expulsion, en général assez violent. Un mode (ou monde) ancien qui quelquefois n’en finit pas de mourir et un mode nouveau qui n’en finit pas de naître. A   travers cet avis d’expulsion, la vie nous demande de sortir de cet ancien monde qui n’est plus pertinent, ni confortable, efficace ou porteur pour nous. C’est une rupture de contrat avec nous-mêmes. Elle émerge souvent suite à un divorce, une maladie, un traumatisme, un accident, une dépression, un licenciement, …

Les gens à qui cela n’arrive pas n’ont pas de chance, car ils ne peuvent jamais sortir de ce contrat qui a été bâti, entre 7 et 13 ans, dans la triangulation père, mère, enfant. A travers cette triangulation, l’enfant passe cette période de vie à tisser inconsciemment un projet de vie qui se prolongera jusqu’à la quarantaine.

Par exemple : mon père me dit que je suis un incapable. Je le crois, mais en moi, j’ai la volonté ferme de lui prouver le contraire. Par conséquent, je vais tout mettre en œuvre pour devenir le roi du monde (succès professionnel, argent, succès personnel, etc). Pour le lui démontrer, je vais me livrer à des excès, comme celui de prendre de la drogue. Au bout d’un certain temps, la carapace que je me suis forgée va craquer, car je ne suis pas seulement une «réactivité» face à une situation ou un rebelle qui se révolte face à une injustice. Je ne suis pas qu’une blessure, je suis plus que ça. Lorsque la vraie personnalité cherche à émerger, le séisme, entre ce que l’autre souhaite que je sois et mon moi profond, jaillit. D’où une situation de crise.

Les contrats que nous bâtissons, se constituent de nombreuses couches inhibées ou réactionnelles selon les périodes de vie, les situations, ou les différentes parties de notre existence. Ces couches s’entrelacent pour construire un mécanisme complexe qui porte notre identité et l’image de soi. Cette mécanique démarre entre 7 et 13 ans, âge du scellage, et s’arrête entre 35 et 55 ans, âge auquel on veut être reconnu pour ce que l’on est vraiment et plus pour ce que l’on fait. Elle se transforme en bombe au fur et à mesure que les projets se construisent.

En général, vers la quarantaine, la mission sociale est accomplie, les enfants sont grands et nous nous retrouvons confrontés à nous-mêmes.

Quels en sont les signes précurseurs et la durée ?

Coup de blues, sentiment d’abandon, l’envie de vouloir tout plaquer pour s’enfuir à l’autre bout du monde, la perte des parents, …Quant à la durée, il n’existe pas de règles. Elle peut durer plusieurs années.

Comment l’aborder, la traverser ?

Quoique que l’on fasse (méditation, consultation chez un psychologue, développement personnel, sophrologie, …) l’important reste de la traverser en pleine conscience et surtout d’extirper la quintessence moelle du sens qu’elle se charge d’amener dans nos existences.

Le mot crise vient du grec  «crisis », qui signifie séparer le bon grain et de l’ivraie. La crise de la quarantaine permet de conserver ce qui est bon dans le contrat de vie et d’en enlever toutes les toxines. Elle survient pour nous faire sortir du bois. Aussi difficile soit-elle à traverser, la crise de la quarantaine reste toujours vectrice de riches enseignements.

Pour la vivre de façon positive, elle doit s’accompagner d’une volonté de se remettre en question et d’un travail parallèle pour arriver à un niveau de conscience suffisante pour comprendre ce qui nous arrive. Difficile de le faire seule, mais quelque soit le moyen que l’on choisit, l’important reste de sortir de la crise.

Pour la vivre le mieux possible, il faut en comprendre le sens profond. Si cette compréhension n’émerge pas, ce sera difficile.

Que nommez-vous « contrat de survie » ?

Selon l’approche de Jung, nous vivons comme si nous avions un «persona» (ou masque) de la tragédie grecque sur le visage. Ce persona n’est qu’un rôle et ce rôle c’est la personnalité, quelque chose de factice, qui reflète seulement une facette de la personne, pas son entité. A la quarantaine, une force existentielle (l’axe de l’individu) va nous inciter à changer, à nous métamorphoser, à enlever ce masque pour devenir ce que nous sommes vraiment. Puis, un jour nous parvenons à l’accomplir, mais le passage par la crise demeure obligatoire et cela ne peut s’opérer en douceur.

La crise de la quarantaine : épreuve ou cadeau de la vie ?

Ce qui se présente sous la forme d’un cauchemar, s’apparente en fait à un cadeau déguisé. La crise de la quarantaine nous permet de  devenir maître de notre destin, de le prendre  en main.

Il sera ensuite nécessaire de tisser un nouveau contrat qui nous mènera jusqu’à la fin de  notre vie, mais qui ne sera pas sous-tendu par une blessure affective et ne formera pas un nouveau contrat inconscient. Il s’agira d’un projet conscientisé qui nous conduira jusqu’à la fin de la vie, en toute liberté. Même si un aigle n’est pas libre de commander au vent, il est libre de le suivre …

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